Actualité et tendances capillaires

Madam C.J. Walker : la première femme noire millionnaire grâce aux produits capillaires

Qui est Madam CJ Walker?

J’ai découvert le parcours de Madam C.J. Walker il y a un an et demi.

Je venais de faire mon « big shop » (c’est-à-dire couper mes cheveux défrisés pour retrouver mes cheveux naturellement crépus) et j’avais eu l’idée de lancer une marketplace dédiée aux cheveux bouclés, frisés et crépus.

Suite à cela, je me suis renseigné sur toute l’industrie du cheveu afro et je suis tombé sur un article qui parlait de Madam C.J. Walker.

Tout de suite je me suis passionnée pour le parcours de cette femme.

 

Le context historique

Dans une Amérique post esclavage, où les Noirs subissaient la ségrégation, le racisme, le lynchage et toutes les injustices qu’a connues l’Humanité, être Noir à cette époque pouvait être synonyme de terreur.

Et être une femme Noire pouvait être l’enfer sur Terre.

Pourtant, c’est à cette époque que cette femme, fille d’anciens esclaves a créé une entreprise florissante qui lui a permis de devenir la première femme millionnaire aux Etats Unis.

 

Entrepreneure dans l'âme

Parce qu’elle a été confrontée à une importante chute de cheveux, elle a cherché une solution à son problème.

Elle a concocté une lotion fortifiante qu’elle a appliquée sur ses cheveux et sur son cuir chevelu.

Les résultats étaient spectaculaires

Elle a aussi constaté que beaucoup de femmes Noires avaient le même problème.

Elle leur a vendu sa lotion et ses clientes ont été conquises car elles ont retrouvé à la fois leurs cheveux et l’estime de soi.

 

Il faut savoir qu’à l’époque (et aujourd’hui encore) les cheveux avaient un rôle important pour une femme.

C’était à la fois un atout pour être considérée comme « présentable » et trouver un travail ou un mari.

Avoir une belle chevelure, lissée de préférence, était aussi un moyen d’adopter les coiffures des femmes Caucasiennes et d’être intégrée à une communauté Noire en manque de repères culturels.

Ses produits allaient permettre aux femmes d’avoir confiance en elles et d’avoir les moyens de s’en sortir financièrement en trouvant un travail et/ou un mari.

 

Une battante

Convaincue qu’elle avait là un moyen d’aider les femmes de sa communauté, elle s’est lancée à corps perdu dans la fabrication d’une gamme de produits capillaires adaptés aux cheveux bouclés, frisés et crépus.

Elle a bravé le racisme, le sexisme, la jalousie des autres femmes et a développé son entreprise coute que coute.

Elle a fini par imposer le respect des hommes et elle a fini par obtenir le soutien des femmes.

Et la fille d’esclave, ancienne blanchisseuse, est devenue la première femme millionnaire des Etats Unis.

 Cette femme forte assumait sa réussite et se sentait à sa place aux cotés des grandes fortunes de son époque.

Elle a d’ailleurs construit sa villa à côté de la maison de Rockefeller.

 

C’est donc une « Self Made » pur jus qui a été portée à l’écran par Octavia Spencer.

Cette mini-série est disponible depuis le 20 mars 2020 sur Netflix.

 

Un modèle pour tous

Les entrepreneurs ou porteurs de projets seront inspirés par cette entrepreneure qui a la rage de réussir et qui fait fortune en partant de zéro.

Les adeptes du « Girlpower » seront ravis de ce film car Sarah Breedlove (c’est son vrai nom) est une « badass » qui s’impose, qui innove et qui passe par la fenêtre quand toutes les portes lui sont fermées.

Les militants de la cause Noire seront heureux de voir que l’histoire d’une Icone Noire, inconnue du grand public est diffusée sur une plateforme aussi renommée que Netflix.

 Enfin, plus généralement toute personne qui a un peu d’Humanité appréciera l’effort de représentation et de diversité qui a lieu actuellement dans les médias.

 

Le film « Self made » retranscrit ce que j’imaginais de cette femme entrepreneure atypique, passionnante et inspirante.

Il décrit comment on peut partir de rien et, avec la détermination et l’audace, arriver au sommet de son art.

Son parcours montre que nous pouvons tous et toutes être Madam C.J. Walker.

On peut réussir, peu importe qui on est et peu importe d’où l’on vient.

 

Hafoussoi Vandewalle